Les Neufs – la cosmologie d'Eternal Champion
Tu te réveilles au pied de l’Arbre des Âmes, au cœur de ruines que plus personne ne sait nommer. Colonnes brisées, arches effondrées, une civilisation entière réduite au silence : les Senteniens. Mais leur histoire n’est pas le commencement. Pour comprendre d’où vient ce monde, il faut remonter bien plus loin — avant la première pierre, avant le premier nom.
Avant le monde, il y eut les Neuf.
Quatre cris, cinq silences
On raconte qu’il n’existait rien qu’un gel chaotique, une immobilité sans fin. Puis neuf entités primordiales s’éveillèrent. Quatre choisirent de hurler : leurs cris façonnèrent la réalité. Cinq choisirent le silence : ils observèrent, puis scellèrent ce qui ne devait jamais être libéré.
Les Quatre Hurleurs
Hul’Kah — Le Premier, Éveilleur du Feu Primordial. Le plus ancien. Pure volonté de mouvement dans l’immobilité absolue. Son cri — « Hut’hulkah » — brisa le gel chaotique. Quatre mètres de lave et de glace en fusion permanente, crinière de flammes bleues, hurlement visible sous forme d’ondes de chaleur.
Thrael — Le Deuxième, Formateur des Sphères. Son cri — « Sith’Rha » — donna au chaos sa forme sphérique. C’est de lui que naissent tous les cercles du monde. Corps cristallin en rotation constante, six bras qui dessinent des cercles dans l’air, peau d’un bleu nuit étoilé.
Drhygur’d — Le Troisième, Compresseur de Lumière. Son cri — « Sulk’ha uhn » — compressa la sphère jusqu’à la faire briller. Le plus créatif des quatre. Corps élancé de lumière condensée, os lumineux visibles, couronne de rayons.
Sihgur’d — Le Quatrième, Libérateur d’Énergie. Le plus jeune. Son cri — « Falkthre’k » — foudroya la sphère et libéra l’énergie finale. Et avec elle, les premières âmes. Plasma doré, cheveux d’éclairs, un sourire qui ne le quitte jamais, même au combat.
Les Cinq Silencieux
Les quatre avaient créé. Restait à protéger — car dans l’Abysse remuait déjà ce qui voulait tout défaire. Les cinq derniers ne hurlèrent pas. Leur silence était une puissance en soi.
Voryn’thal — Le Cinquième, Lieur des Limites. Il tissa les frontières entre le créé et le chaotique. C’est lui qui scella l’Abysse. Forme immense et filiforme, corps fait de chaînes d’énergie noire, visage sans bouche, yeux clos à jamais.
Kael’thryd — Le Sixième, Observateur Éternel. Il garda en mémoire chaque instant de la création. Vision parfaite du passé — et de tous les futurs possibles. Corps couvert d’yeux de cristal, tête sans traits hormis des milliers d’orbes flottants.
Myr’gathor — Le Septième, Tisseur du Silence. Il enveloppa ce qui dormait dans l’Abysse d’un cocon de silence absolu. Silhouette massive drapée d’un manteau de vide, mains qui tissent des fils invisibles.
Sol’vahrak — Le Huitième, Maître de la Stase. Il figea le temps là où la menace était la plus grande. Pierre vivante couverte de givre éternel, posture immobile, yeux ouverts mais sans vie.
Xythra’el — Le Neuvième, Chuchoteur du Vide. Le dernier. Il murmura le mot qui endormit les huit autres et scella le tout. Le plus petit d’entre eux, presque invisible, une voix qui n’est qu’un souffle.
Et aujourd’hui
Puis le silence s’installa, et dura des millénaires. Les Senteniens bâtirent leur civilisation sur ce silence.
Aujourd’hui, l’un des sceaux s’est fissuré. Dans l’Abysse, quelque chose a recommencé à remuer.
Qui a brisé le premier sceau, et pourquoi — c’est une autre histoire.
Celle que tu écriras.